Communiqué

07.03.11

Comment les produits frais et ultra frais arriveront-ils sur notre table pour Noël 2009 ?

-             Les produits frais et notamment ceux de Noël et du Réveillon n’arrivent pas dans nos assiettes par miracle :

 

 §  Chaque Français achète + 600 kg de produits alimentaires / an dont :

-          86 kg de légumes frais

-          58 kg de fruits

-          32 kg de yaourts

-          20 kg de volailles

-          13 kg de surgelés

-          12 kg de poissons…

 §  Lors des fêtes de fin d’année, les Français vont consommer chez eux :

-    15 000 tonnes d’huîtres (la moitié de la consommation annuelle)

-    15 000 tonnes de foie gras (les ¾ de la production annuelle), soit 250 grammes/hab. en moyenne (moins de 50 g en 1980).

-    15 000 tonnes de dindes fraîches, soit en moyenne 3kg de dinde entière par acheteur (la quasi-totalité des dindes fraîches est consommée à Noël)

5 000 tonnes de saumon fumé (le ¼ de la consommation annuelle)

 

§  Les ménages français dépensent 85 Mds € pour l’achat de produits frais par an pour leur alimentation à domicile, soit dans les hypermarchés, les supermarchés, les commerces de proximité ou les marchés.

 

§  Ils dépensent par ailleurs près de 50 milliards d’€, dont 80 % de produits frais, pour manger à l’extérieur (restaurants, cantines, bars, sandwicheries, etc.)

 

§  Pour les fêtes de fin d’années, chaque consommateur dépensera 165 € dont quelques 70 % pour l’achat de produits frais.

§  Comment tous ces produits arrivent dans nos assiettes ? C’est la mission du transport frigorifique et de la logistique des produits frais qui opèrent  sur deux circuits spécifiques :

 - Le passage par les plates-formes : il s’agit de l’approvisionnement des Grandes et Moyennes Surfaces où l’on retrouve toutes les grandes enseignes d’hyper, de supermarchés et le hard discount. Dans ce schéma, les marchandises produites par les producteurs, les industriels et les coopératives transitent par une plate-forme pour y être regroupées. Les marchandises sont ensuite triées et réparties pour rejoindre les circuits de distribution qui vont desservir les magasins. Il existe en France environ 300 plates-formes frigorifiques de ce type qui sont gérées par les enseignes elle mêmes, par des transporteurs, ou bien encore par des prestataires logistiques spécialisés.

 - Le passage par les marchés de gros : ceux-ci alimentent le commerce de proximité, les marchés traditionnels et la restauration. Les grossistes s’approvisionnent directement auprès des producteurs et des industriels. Ils revendent les produits en l’état ou après un travail d’emballage, de découpe, de murissage…à des commerçants et des restaurateurs. Une vingtaine de marché de gros spécialisés dans les produits frais existe en France, dont le plus important est Rungis. Rungis, « ventre de Paris », traite 1,5 million de tonnes de marchandises / an  et dessert 18 millions de consommateurs.

 §  Les transporteurs frigorifiques et les logisticiens du froid développent une expertise pointue pour respecter les contraintes spécifiques aux produits frais et ultra frais :

 -          Il faut aller vite : tous les produits frais doivent être livrés en J+1

-          Il faut livrer avant 7 h du matin : tous les magasins et restaurants doivent être livrés avant l’ouverture

-          Il faut maintenir la chaine du froid : la sécurité alimentaire impose des normes drastiques

-          Il faut respecter la date limite de consommation : les consommateurs le savent : produit frais = date limite, exigence sur laquelle le transporteur ne transige pas. 

 §      La logistique des produits frais : « de la fourche à la fourchette ».

 Elle est le lien essentiel entre le tissu agro-alimentaire et les circuits de commerce. Elle est aussi un secteur essentiel pour l’alimentation des Français et l’économie du pays :

-          41.000 salariés répartis dans quelques 500 entreprises

-          110.000 véhicules spécialisés.

-          5 Mds d’€ de chiffre d’affaires.

-          100 M de tonnes de produits transportés chaque année.

-          18 Mds de tonnes/km.

-           Une activité au service de l’industrie agro-alimentaire, des producteurs, des grossistes et des distributeurs.

-          Au service également de la performance économique et de l’aménagement du territoire pour permettre le maintien d’un tissu industriel partout en France.

 ·                    Face aux menaces de grèves et de blocage de plates-formes qui menacent la profession au cours du mois de décembre, le Conseil d’Administration de l’UNTF, Union nationale du transport Frigorifique, souhaite faire les commentaires suivants :

1) L’année 2009 a été difficile

 La récession économique a touché de plein fouet la consommation alimentaire des ménages et la production agro-alimentaire. Au cours du premier trimestre, jamais les volumes en agro-alimentaire n’ont été aussi bas. Après un recul de 3,7% au quatrième trimestre 2008, l’activité s’est ensuite encore repliée de 2,6% au premier trimestre. Au second semestre, les volumes ont stagné (+0,5%).

Depuis la rentrée, il est difficile de parler de reprise : les volumes connaissent de fortes variations d’une semaine à l’autre et d’une région à l’autre rendant ainsi périlleux tout prévisionnel. Les industriels et distributeurs, confrontés à la crise, procèdent à des réductions drastiques de leurs budgets transports et multiplient les appels d’offre et les remises en cause.

Les marges, qui ont chuté en 2008, devraient être globalement négatives en 2009.

 

2) La profession du transport frigorifique se situe au-delà des standards du transport routier

 L’UNTF ne souhaite pas s’immiscer dans le contenu et la méthode des négociations actuelles sur les revalorisations des grilles de salaire de la Convention Collective et les frais de déplacements entre les organisations syndicales des personnels du transport routier et les organisations professionnelles représentatives des dirigeants d’entreprise de transport.. Mais ses adhérents tiennent à rappeler que:

- Les contraintes propres à l’exercice de la profession (flux tendu, travail de nuit, respect de la chaîne du froid, etc.) conduisent à ce que les personnels de la filière transport frigorifique ne souffrent pas d’un moins disant social : les conditions de rémunération se situent, dans la majorité des entreprises de ce secteur, au-delà des standards que l’on retrouve dans le transport routier en général.

- Malgré la crise, la Profession du transport frigorifique a maintenu ses effectifs et tenté, autant que faire se peut, de poursuivre la valorisation et la qualification des hommes et des femmes qui travaillent quotidiennement pour permettre à chaque Français de trouver des produits frais dans leur assiette.

 

3)  Le transport frigorifique est un maillon indispensable à l’organisation des fêtes de fin d’année

 La période des fêtes de fin d’année constitue un moment clé pour toute la filière du produit frais, du producteur au consommateur en passant par l’industriel, le distributeur, le grossiste ou le restaurant et tous les intervenants de cette filière. Porter atteinte à l’exercice de notre métier en cette période peut entraîner des préjudices multiples :

- Rupture de livraison de produits frais dans la semaine de Noël.

- Risques quant au maintien de la chaîne du froid et à la sécurité alimentaire.

- Pertes d’exploitation massives pour plusieurs filières (ostréiculture, foie gras, volailles, pâtisseries, crèmes glacées et surgelés, etc.). Pour certaines de ces filières, 50 à 70% des volumes annuels se traitent au cours du seul mois de décembre. Rappelons que la France est le premier producteur européen d’huîtres avec 150.000 tonnes.

-    Et conséquences économiques dramatiques pour les transporteurs de produits frais qui seraient alors contraints de procéder à des mesures de réduction de leurs moyens..

 En conséquence, l’UNTF attire l’attention des pouvoirs publics sur les conséquences très dommageables que pourrait avoir un blocage long et important des principales plates-formes de produits frais et compte sur le civisme et la raison des acteurs concernés dans cette négociation pour que la période de fin d’année ne souffre pas de blocage d’activités. Il y va directement de l’intérêt de tous et surtout du consommateur qui ne doit pas être pénalisé dans cette période.

27 novembre 2009.