Communiqué

14.03.11

Gestion des intempéries et le principe de précaution

Après les épisodes neigeux du début de l’année, la période récente du début du mois renoue avec les mêmes situations, les mêmes excès et les mêmes aberrations. Au nom du principe de précaution :

     -  Des véhicules sont interdits de circulation de manière brutale sans que les transporteurs et leurs clients aient la capacité d’anticiper le problème.

      -  Des milliers de véhicules sont « stockés » sans autre forme de style, sans information et parfois même à des centaines de kilomètres du point de congestion. Le 9 décembre, des véhicules étaient bloqués à Tours et à Bordeaux, pour éviter la congestion sur l’Ile de France (alors même que nombre de véhicules ne se rendaient pas en Ile de France).

     -  Des milliers de conducteurs sont traités comme des forçats de la route sans assistance (pas de distribution de boissons ou de repas).

     -  Les transporteurs routiers frigorifiques (et les autres) sont systématiquement stigmatisés par les Pouvoirs Publics qui ont maintenant pris l’habitude de rejeter la responsabilité des problèmes sur les usagers professionnels de la route pour masquer leurs carences dans la gestion de phénomènes météorologiques qui n’ont rien d’exceptionnel.  

    -  La filière agro-alimentaire des produits frais va déplorer la perte de plusieurs milliers de tonnes de marchandises. Le fonctionnement en flux tendu des produits alimentaires fait que tout arrêt de véhicules se traduit par des ruptures en magasin et chez les commerçants en quelques jours. En amont, la constitution de stocks étant quasiment impossible, c’est donc toute une filière industrielle qui risque de se trouver à l’arrêt (malgré le maintien de la chaîne du froid, un steak haché est périssable en deux jours). 

      -  De nombreuses entreprises de transport frigorifique vont devoir gérer des litiges qui se comptent en centaines de milliers d’euros.  Et il convient de dénoncer ici le manque de considération et les pratiques abusives de nombreux destinataires qui refusent de réceptionner les marchandises en raison de .. retards à livraison. En période de crise, avec des marges nulles, voire négatives, une telle situation est insoutenable.

Les mesures à venir pour ce milieu et cette fin de semaine sont inquiétantes et les transporteurs frigorifiques, regroupés au sein de l’UNTF, vont être dans l’impossibilité, une nouvelle fois, d’assurer leur prestation….

En cette période de fin d’année, les approvisionnements de produits festifs risquent d’être largement compromis….

 Pris en étau entre des industriels qui voient leurs marchandises perdre toute valeur, des réseaux de distribution qui exercent une pression considérable pour que « les marchandises arrivent coûte que coûte » et des arrêtés préfectoraux d’interdiction, les transporteurs frigorifiques exhortent donc l’ensemble des acteurs concernés (chargeurs, distributeurs, assureurs, Pouvoirs Publics), en liaison avec nos fédérations professionnelles, qui sensibilisent actuellement nombre de personnalités sur le sujet, à se mettre autour de la table pour trouver demain des procédures et méthodes capables de mettre fin à cette situation.

 

A minima, l’UNTF demande que, dans les arrêtés d’interdiction de circulation, les transports de produits frais soient ajoutés à la liste des transports soumis à dérogation.

13 décembre 2010.