Les PME du transport frigorifique inquiètes pour 2010.
· Les blocages de plates-formes évités : un point positif
- Lors de sa dernière communication, l’UNTF avait alerté l’opinion publique, les consommateurs et les Pouvoirs Publics sur les risques économiques d’un blocage au cours d’une période cruciale pour le transport frigorifique.
- L’UNTF prend acte des décisions prises concernant les hausses de rémunérations des minima conventionnels (de +2,9% à + 4% selon les catégories) et des frais de déplacement (+3%).
· Attention : la mesure a un coût qui se cumule avec des hausses déjà supportées par les transporteurs et non répercutées.
1) L’impact sur la hausse des coûts de revient va être de 1,5 à 2%
L’accord social, une fois entrée en vigueur après l’arrêté d’extension, va entraîner une hausse substantielle de la masse salariale et impactera les coûts de revient des entreprises.
En effet, dans le transport frigorifique, les frais de personnel (conducteurs et sédentaires) représentent 40% de l’ensemble des coûts de revient (selon la toute dernière étude réalisée par le CNR en octobre 2009).
En fonction des trafics (distribution régionale, tournée, tractions longues distance), les coûts de revient liés au personnel en 2010 vont donc peser pour 1,5 à 2% dans la hausse des coûts de l’année.
2) Le dérapage des coûts est continu depuis plus de 5 ans : +12% hors carburant
Cette hausse des coûts sociaux va impacter le compte des entreprises de transport dès le début de l’année. Elle s’inscrit dans un contexte de hausses continues des coûts de revient, et ce sans tenir compte des évolutions du carburant.
Pour rappel sur les 5 dernières années, la hausse des coûts de revient hors carburant a été de 12%.
· Le transport frigorifique est un maillon de plus en plus fragile et 2010 s’annonce sous de mauvais auspices
Les publications des comptes 2009 vont mettre en exergue une situation extrêmement difficile : en 2007, sur l’ensemble des opérateurs du transport frigorifique, le ratio résultat net/chiffre d’affaires était de 1,35%. Il est passé à 0,7% en 2008. Il est à craindre qu’il soit inférieur ou égal à zéro en 2009.
Comment une profession peut elle continuer à innover, à accroître ses performances et à répondre à des exigences de qualité et de sécurité alimentaire de plus en plus en fortes si elle ne gagne pas d’argent ?
Or les négociations tarifaires pour 2010 se situent dans un contexte difficile, de nombreux donneurs d’ordre jouant sur les effets de surcapacité pour multiplier le recours aux appels d’offres.
Compte tenu du nouveau contexte de l’accord salarial du 11 décembre, l’UNTF réclame de la part des industriels de l’agro-alimentaire et des acteurs de la distribution qu’ils prennent conscience des difficultés du secteur et qu’ils s’engagent dans la recherche de solutions acceptables et dignes.
L’UNTF souhaite donc profiter de l’ouverture des Etats Généraux pour demander l’ouverture d’une véritable discussion de fonds avec les donneurs d’ordres afin d’éviter la paupérisation du secteur, la chute du pavillon français et au final la disparition de nombreuses entreprises et la perte d’emplois dans le secteur.
5 janvier 2010.