Modernisation du transport frigorifique : l’UNTF en appelle aux acteurs de la filière.
Les blocages de plates-formes évités : un point positif
- Lors de sa dernière communication, l’UNTF avait alerté l’opinion publique, les consommateurs et les Pouvoirs Publics sur les risques économiques d’un blocage au cours d’une période cruciale pour le transport frigorifique.
- Depuis près d’un mois, les adhérents de l’UNTF se sont tenus au plus près de leurs clients et des clients des leurs clients pour les informer et jouer une transparence totale quant aux tenants et aboutissants des débats qui ont agité le monde du transport routier.
- L’UNTF n’a aucun commentaire à faire sur les accords signés et se contente de prendre acte des décisions prises :
- +4% pour les coefficients 115 à 120 M
- + 3,62% pour les 138 M correspondant à ce qu’on désigne couramment par conducteurs régionaux.
- +2,9% pour le coefficient 150 M, une catégorie de conducteur dite « conducteur national » très largement répandue dans le transport frigorifique.
- + 3,56% pour les employés, agent de maîtrise et cadres
- De +2,9% à + 4% selon les catégories (toutes les catégories sont concernées)
- +3% pour les frais de déplacement.
· Mais la mesure a un coût qui se cumule avec des hausses déjà supportées par les transporteurs et non répercutées.
1) L’impact sur la hausse des coûts de revient va être de 1,5 à 2%
L’accord social, une fois entrée en vigueur après l’arrêté d’extension, va entraîner une hausse substantielle de la masse salariale et impactera qui va impacter les coûts de revient des entreprises de 1,5 à 2% en fonction des trafics (distribution régionale, tournée, tractions longues distance).
En fonction des trafics (distribution régionale, tournée, tractions longues distance), les coûts de revient globaux du transport frigorifique vont augmenter dans une fourchette allant de 1,5 à 2%. En effet, le poste social (salaires, charges et frais de déplacement) constitue le premier poste de coût du secteur et pèse pour 34% dans l’ensemble des charges (selon la toute dernière étude réalisée par le CNR en octobre 2009).
2) Le dérapage des coûts est continu depuis plus de 5 ans : +12% hors carburant
Cette hausse des coûts qui va impacter le compte des entreprises de transport dès le début de l’année s’inscrit dans un contexte maintenant ancien de hausses continues des coûts de revient, et ce hors sans tenir compte des évolutions du carburant :
- Les hausses de péages ont été largement supérieures à l’inflation depuis 5 ans.
- En dehors des accords collectifs de branche, nombre d’entreprise ont revalorisé la rémunération de leurs personnels de manière continue.
- Le prix des matériels s’est maintenu à un niveau élevé en raison des coûts impactés par l’arrivée de normes anti-pollution (Euro V).
- Les coûts de structure ont été impactés par différentes hausses : coût de l’immobilier, informatique, électricité, etc.
- Et enfin, l’UNTF déplore depuis quelques années les dérapages inquiétants des postes litiges et gestion des palettes.
En tout et pour tout : Pour rappel sur les 5 dernières années
- Entre janvier 2005 et décembre 2009, la hausse des coûts de revient a été de 12%, avec un social à zéro depuis le mars 2008.
- En 2009, la hausse aura été de 2,4%
- En 2008, elle aura été de plus de 5,1%
3) Le transport frigorifique est un maillon de plus en plus fragilisé et 2010 s’annonce sous de mauvais auspices
Force est cependant de constater que l’ensemble des ces coûts n’a pu être entièrement répercuté et que les gains de productivité qui ont été faits gagnés au cours des années passées ont été entièrement restituées aux clients.
Les publications des comptes 2009 vont mettre en exergue une situation extrêmement difficile : en 2007, sur l’ensemble des opérateurs du transport frigorifique, le ratio résultat net/chiffre d’affaires était de 1,35%. Il est passé à 0,7% en 2008. Il est à craindre qu’il soit proche de zéro en 2009.
Comment une profession peut elle continuer à innover, à accroître ses performances et à répondre à des exigences de qualité et de sécurité alimentaire de plus en plus en fortes si elle ne gagne pas d’argent ?
Or les négociations tarifaires pour 2010 se sont situées dans un contexte difficile, de nombreux donneurs d’ordre jouant sur les effets de surcapacité et le chantage à la rupture des relations commerciales.
Le nouveau contexte de l’accord salarial du 11 décembre, impose donc la recherche d’un nouveau mode de partenariat.
L’UNTF souhaite donc profiter de l’ouverture des Etats Généraux pour faire valoir son discours et demande l’ouverture d’une véritable discussion de fonds avec les donneurs d’ordre et les Pouvoirs Publics afin d’éviter la paupérisation du secteur, la chute du pavillon français et au final la course vers un moins disant qui se fera au détriment de la qualité et de la sécurité des consommateurs et citoyens.
21 décembre 2009.